Biographie

Aborder l’histoire du rap burkinabé et de la musique engagée sans l’évoquer, c’est confisquer un grand pan de cette histoire. Ce jeune activiste burkinabé qui a fait honneur à son pays en rejoignant le Top 10 des personnalités africaines de l’année 2014 (classement effectué par le magazine Jeune Afrique) n’a pas pour autant encore fini de surprendre… Celui que les mondes de la politique, de l’activisme et de la musique ne connaissent que sous le sobriquet SMOCKEY signe une fois de plus son retour dans l’arène du rap avec son dernier cru dénommé PRE’VOLUTION ; fruit de quatre années (2010 à 2014) d’introspection, de réflexions et d’analyses.

Serge Martin BAMBARA plus connu sous le pseudonyme de SMOCKEY ou SMOCK, est né d’un père originaire du sud-est du Burkina et d’une mère française. En 1991, il quitte sa terre natale pour la France où il suivra des études de restauration et d’hôtellerie… Le virus de la musique inoculé dans ses veines le contraint à une thérapie : initiation à la programmation dans un home studio avec la complicité de son ami et parallèlement arrangeur Alain TOKO.
En 1999, il signe avec la maison EMI son premier single en duo avec la célèbre chanteuse française LAAM et prend le sobriquet de SMOCKEY (S’moquer).
En mars 2001, c’est le retour au bercail. Il est pressé de voir évoluer la musique rap au pays des hommes intègres et monte le « Studio Abazon » (‘’Allez vite’’ en bissa).

« Épitaphe », son premier album, présenté à la presse en septembre 2001 le révèle au grand public. Les textes y sont déjà politiquement engagés. Sa musique alliant rythmes traditionnels et modernes se laisse découvrir et apprécier. SMOCKEY se forge alors une identité musicale. Son label « Abazon » produit concomitamment des artistes underground. La compilation « La part des ténèbres vol 1 et 2 » révèle des talents du mouvement rap burkinabé.
Deux ans plus tard, l’opus « Zamana » à travers son titre éponyme inonde les ondes. La chanson « I-Yamma » du 3e album « Code Noir » confirme le penchant de l’artiste pour les sonorités de son terroir. Les mélomanes ne sont plus surpris par la satire dans les thématiques abordées par l’artiste. Le maxi « Votez pour moi » en est la parfaite illustration. Indignée par la force disproportionnée utilisée par les autorités pour étouffer les manifestations de rue, SMOCK lance « A balles réelles », son deuxième maxi.
Quand SMOCKEY, FASO KOMBAT, YELEEN et MADSON JUNIOR décident de former « Le Gouvernement » et de faire danser leur peuple à travers un concept le « Takborsé », l’humour politique en reste le maître mot.
En 2010, en marge de la commémoration du cinquantenaire des indépendances dans la plupart des pays d’Afrique francophone, SMOCKEY sort l’album « CCP » (Cravate, costard, et pourriture) estampillé de morceaux caustiques. Dans cette nouvelle production son engagement va au-delà de la critique. C’est une prise de position à travers la participation active à des conférences-débats dans les villes et les hameaux les plus reculés du Burkina Faso. Des sujets relatifs à la bonne gouvernance, la démocratie ou encore les droits humains y sont débattus sans langue de bois.
Avec son complice Didier AWADI, SMOCKEY écumera les scènes à travers le monde. Fidèles à leurs convictions, les deux rappeurs distillent le même message : « Plus de démocratie et de justice en Afrique ». Des rimes sensées, ils en ont en stock et leurs paroles portent.

SMOCKEY, Kundé d’Or (meilleur artiste du Burkina Faso en 2006) et meilleur artiste Hip Hop de l’Afrique aux Kora Music Awards (en 2010) en a plein les tripes. Il déborde d’énergie. Membre du collectif AURA (Artistes Unis pour le Rap Africain), il prône l’Unité. Dans « Dossier classé ? » sa lutte pour la réouverture du dossier du journaliste Norbert ZONGO (assassiné avec des compagnons d’infortune le 13 décembre 1998) reste vive. Que ce soit dans ses albums ou dans sa collaboration avec AWADI dans « Présidents d’Afrique », ses hommages à l’endroit du président révolutionnaire feu Thomas SANKARA fusent.
Son engagement politique atteint son paroxysme avec la création de mouvement « le balai citoyen » ; mouvement qu’il lancera avec son camarade de lutte l’animateur reggaeman SAMS’K Le Jah. Leur objectif : balayer tous ceux qui ambitionnent de s’éterniser au pouvoir dont le président Blaise COMPAORE. Ils mobilisent dans tout le Burkina Faso et s’opposent entre autres aux velléités de modification de la constitution burkinabè. Le 31 octobre 2014, comme des milliers de manifestants, les deux « cibals » (citoyens balayeurs) sont dans la rue, pour mettre un terme à vingt-sept ans de règne du régime Compaoré. L’engagement de l’artiste et de ses compagnons est salué à travers le monde. SMOCKEY et SAMS’K Le Jah figurent dans le TOP 10 des personnalités africaines de l’année 2014 selon un classement du journal Jeune Afrique.

PRE’VOLUTION, c’est le titre éponyme du cinquième opus de l’artiste activiste SMOCKEY. Ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire. Il s’agit d’une fusion des termes Prémonition, Révolution et Evolution. Ce triple album est un condensé de chansons inspirées de ce triptyque. PRE’VOLUTION, au-delà du factuel, sonne le besoin urgent d'une « post-révolution » pour achever le processus de libération du peuple.  La plupart des chansons ont été enregistrés deux ou trois ans avant les évènements insurrectionnels des 30 et 31 octobre 2014..
Dans la forme, les titres sont répartis sur trois CD symbolisant le drapeau burkinabé et présentés comme suit : PREMONITION, REVOLUTION , EVOLUTION 

L’année 2015 marque un tournant décisif dans l’histoire politique du Burkina Faso. Après une insurrection populaire, les citoyens seront appelés à élire leurs dirigeants à travers des élections couplées (présidentielle et législatives). Longtemps résignées parce qu’elles percevaient les scrutins comme pliés d’avance, les populations ont une ultime occasion de faire valoir leurs voix. Elles désigneront, par conséquent, leurs représentants qui conduiront la destinée du peuple en prenant en compte ses aspirations les plus profondes.
Pour accompagner le processus électoral et pour inciter aux votes, des initiatives doivent être prises. C’est dans cette logique que s’inscrit la démarche de SMOCKEY.

En marge de la sortie officielle de son triple album « PRE’VOLUTION » le jeudi 5 mars 2015, l’artiste lance une campagne dénommée « Après ta révolte, ton vote ».
En somme, toutes les tribunes d’expression (interviews, concerts, conférences, show-case…) lui serviront de cadre pour inciter ses compatriotes burkinabè à prendre conscience des enjeux électoraux et à accomplir leur devoir citoyen.
Un taux de participation massif aux futures élections garantirait aux nouveaux dirigeants à la fois une légalité et une légitimité.
Ils seront alors astreints à une obligation de résultat conformément au projet de société qui aurait motivé leur choix auprès des votants.